Mes parents, non-francophones, ont fait le choix pour moi d’une éducation dans un lycée français à Tokyo.
Dès l’âge de 6 ans, je me suis retrouvée entre deux pays. On m’a élevée dans la tradition japonaise mais je suivais le même programme scolaire que les petits Français.
Je n’étais ni une « vraie » Japonaise, ni une Française.
Me voyant être « moitié » pour tout, mes parents me mettaient en garde pour que je ne devienne pas une « déracinée internationale ».

La langue japonaise a une expression pour dire qu’on se stabilise à la fois physiquement (on s’implante dans un lieu) mais aussi psychologiquement : planter ses racines (根 を下ろす).
C’est à mon arrivée en France à 19ans que j’ai eu envie de raconter cette histoire de déracinement, d’errance et d’enracinement.