La poésie du vent

Note de production

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DES DÉCORS RÉELS POUR UN DÉPAYSEMENT PLUS VRAI QUE NATURE AU COEUR DE L’ÎLE PAPILLON

Le style graphique de Vanille s’inscrit dans la lignée de films tels que Le Chat du rabbin ou encore Aya de Yopougon ; des dessins expressifs, voire caricaturaux, qui mettent en scène des personnages hauts en couleurs. Loin des clichés de cartes postales de plages paradisiaques, une majeure partie de l’histoire se déroule au cœur de la vieille forêt dense et luxuriante de l’île de la Guadeloupe. Une invitation au mystère et à l’origine du temps. Les décors de villes et de maisons, représentés par un mélange de dessins et de prises de vues réelles, laissent progressivement place à une forêt mystérieuse et enchanteresse. Les personnages animés sur des décors filmés, Vanille se voit alors plongée dans un milieu totalement étranger et pourtant on ne peut plus réel. Cette intégration de l’animation en 2D numérique dans des décors réels, photographiés par Sara Sponga, permet un dépaysement et un contraste des plus surprenants. Un pari graphique qui vise à surprendre le spectateur et lui faire vivre l’expérience des ambiances typiques des forêts tropicales : les lumières changeantes, l’humidité presque palpable et la poésie du vent qui fait danser les feuilles.

LES SONS ET LES VOIX DE LA GUADELOUPE

Le film donne une importance toute particulière au traitement sonore et à la musique pour une expérience immersive inédite. La musique signée Chassol (martiniquais d’origine) vient soutenir, enrichir, appuyer, renforcer les sensations qu’éprouvent Vanille face à une situation. Ce formidable travail vient ancrer le film dans une réalité avec notamment des sons de la nature directement captés sur place. Beaucoup des personnages du film ont la musique dans la peau. Tatie Frédérique est chanteuse/musicienne ; Vanille, elle-même, adore chanter dans sa salle de bain et Papi Sarbacane, un ami de la famille, n’est pas en reste non plus. Tous partagent avec Vanille des moments musicaux forts aux couleurs locales qui l’aident à plonger dans sa culture d’origine. La langue créole vient pimenter les dialogues avec des expressions et onomatopées du cru pour une immersion totale. Certains personnages, comme Papi Sarbacane, ne s’expriment qu’en créole, plongeant parfois Vanille dans des situations d’incompréhension comme on peut en ressentir dans un voyage à l’étranger.

Le contexte de la scène aide heureusement toujours à la compréhension ! Certaines voix sont interprétées par des acteurs/chanteurs antillais : Tricia Evy qui joue Tatie Frédérique, Jocelyne Béroard (chanteuse du groupe mythique Kassav’) dans le rôle de Loulouze la tenancière du restaurant, ou encore Hippomène Léauva, ancien chanteur des Vikings, groupe phare aux Antilles dans les années 80, qui joue Papi Sarbacane. Leurs voix bercent joliment le rythme du film et participent à son caractère authentique. Autre particularité sonore, aux Antilles, la tombée de la nuit est accueillie par le chant des grenouilles et autres grillons. Un chant puissant et enchanteur qui permet au moment voulu, de basculer dans le monde fantastique des légendes et d’accompagner Vanille dans son aventure fantastique. La création sonore du film s’est attachée à retranscrire au plus près ces ambiances très particulières.